Celui là est garagiste et véliplanchiste. Celle ci est oeunologue et à moitié couverte sur ses photos. Cet autre est étudiant et aime Radiohead. Celle ci est artiste et alcoolique. Cet autre est web deux zéroeur et basta. Cet autre ne parle que de musique tandis que celle là ne parle que de ses enfants. Chez cet autre encore, on peut trouver tout sur la politique, et un peu de WoW.
Personne n'est forcé d'ajouter une dimension virtuelle à sa "vraie" vie.
Les personnes qui ont ouvert un compte de partage en ligne, l'ont fait volontairement, et ce qu'elles y partagent, c'est ce qu'elles veulent bien partager. Certains seulement une facette, d'autres plusieurs.
Nous ne connaissons que les facettes que l'on veut bien nous montrer.
Finalement, un peu comme dans la vraie vie.
Les gens que l'on cotoie au travail, dans les magasins, ou à l'entrée du cinéma, ne nous montrent qu'une seule facette d'eux: Celle du responsable marketing, à l'aise dans son boulot, celle de la boulangère, visiblement pas heureuse dans son boulot, ou celle de la caissière souriante du Gaumont. Seulement la facette qu'ils veulent bien nous montrer.
Mais dans le cercle intime, dans la vie familiale, au quotidien du quotidien, alors le compte de partage est différent. On aperçoit les autres facettes de la personne... y compris celles qu'elle ne voudrait pas forcément partager ;)
We Only Said S/T (Range Ta Chambre / Anticraft) Sortie Novembre 2009
Lorsqu’il ne joue pas au sein de Trunks auprès de Laetitia Shériff, ou avec Pink Iced Club ou encore dans l’Ensemble de 8 guitares d’Olivier Mellano, le stakhanoviste Florian Marzano joue ses plus belles compositions dans son projet We Only Said. Celui qui, au départ, s’appelait I Only Said s’est vite entouré de ce qui se fait de mieux en tant que musiciens : Cédric Moutier, Mathieu Languille (Montgomery), Pierre Marolleau (Fordamage), Mathias Prime (Saitam, See Saw Motion) pour ne citer qu’eux. Depuis deux ans, ils jouent un post-rock mélancolique ouvert à tous les horizons et habité par l’univers de groupes comme Bed, Pinback, Midlake et June of 44. Masterisé à Chicago par Bob Weston (Shellac) en personne, les compositions de l’album bénéficient d’une grande finesse dans l’écriture. Le rock atmosphérique du rennais nous plonge rapidement dans une quiétude contemplative. Sans être élitiste, la musique de We Only Said est intelligente. A l’instar d’Olivier Mellano et Benoît Burello, Florian Marzano fait désormais parti des grands musiciens compositeurs dont la scène française a le secret.
Littérature culte du Dude :
Tourgueniev (1818-1883) est l'auteur en 1850 de cette nouvelle qui s'intitule "Le journal d'un homme de trop" parue dans la revue "Les Annales de la patrie". Elle fût pendant près de dix ans censurée et l'écrivain voué à l'exil en France. Tourgueniev fait partie de ces auteurs russes du XIXème siècle que j'admire plus que tout, au côté des Gogol, Dostoïevski, Tolstoï et autres Pouchkine. L'histoire est celle d'un jeune homme russe, il a trente ans et il se sait condamné parce que malade. Il va alors consacrer les derniers jours de son existence à écrire le journal des événements qui ont marqué sa vie, "Je vais me raconter ma propre vie." Il y dresse un portait sans concession d'une société russe en province sclérosée et insipide, où le mensonge est une règle et le mépris des gens "biens-nés" pour les autres catégories de la population un mode de vie avec lequel il convient de ne pas transiger. Notre narrateur se dévoile ainsi peu à peu, son amour pour une jeune femme au doux nom d'Elisabeth, un amour qui ne se peut... parce que notre homme le reconnaît il ne peut rien contre ce destin qui l'a voué à une lutte sans espoir contre ses faiblesses, ses propres démons, il est cet "homme de trop" à qui tous se refusent, ce paria magnifique, assez proche finalement du narrateur des "Nuits blanches" de Dostoïevski. Il est parfaitement lucide sur sa condition d'homme et c'est ce qui semble, bien avant la maladie, le condamner, la maladie n'étant que l'agent de celle qui ne se refuse à personne. "Je n'ai pas fui le bonheur, j'ai même essayé de l'atteindre en prenant à droite et à gauche." La description de l'état vécu lorsque l'on est pris par les turpitudes de la passion est fine et d'une férocité rare. Parce que cet homme de trop ne se voyait exister que dans le regard de l'être aimé, mais il ne peut rien contre son destin, fataliste il écrit "Je cesse d'être de trop en rentrant dans le néant." Une lecture que je vous conseille vivement, un ouvrage très court mais riche tant dans la forme que sur le fond, tour à tour émouvant et drôle par son cynisme assumé, c'est à mon sens un véritable bijou de la littérature russe du XIXème siècle.
Ma note:*****/5.
"Je vois encore cette silhouette lividement propre, pitoyablement respectable, incurablement abandonnée ! c'étai
Ma note:*****/5.
Quelques mots enfin, pour vous parler d'un roman de Dostoïevski (1821-1881) un peu moins connu que ses grands classiques que sont "l'Idiot", "les frères Karamazov" et qui s'intitule donc "Les carnets du sous-sol". C'est là aussi un de mes livres de chevet, d'une beauté à couper le souffle tant l'on est emporté par son style. Si Dostoïevski est un génie absolu de la littérature c'est parce qu'il a su comme personne parler de nos travers, de nos forces mais aussi de nos faiblesses, de ce vide qui parfois nous saisis d'effroi. Le narrateur vit à Saint Pétersbourg où il n'est qu'un petit fonctionnaire comme tant d'autres. C'est dans ses carnets qu'il peut laisser jaillir toute la rancœur qui s'est accumulée contre ce monde qui lui paraît insupportable. Ce roman est considéré par certains intellectuels comme étant l'un des tous premiers textes existentialistes. Un livre absolument fascinant peuplé d'une galerie de personnages qui ne semblent pas si éloignés de nos revendications d'homme "moderne" perdu entre ce besoin d'amour, de l'autre et en même tant cette incapacité profonde à se sentir bien ensemble, ou comment la solitude et l'amélioration des moyens de communication moderne semble curieusement allez de paire, contradiction de nos sociétés modernes.
Ma note:**** /5.
Ceci m'amène à vous présenter de façon très succincte deux ouvrages d e réflexion sous la direction de Marie de Solemne (Philosophe) qui convie dans "Aimer désespérément" et "La grâce de solitude" des philosophes, des écrivains, des théologiens, des hommes de sciences, etc.. à nous donner leur façon de percevoir deux des sentiments les plus partagés dans le monde moderne, la solitude et l'amour. Ce sont des ouvrages courts mais très denses sur le fond et qui permettent à ceux qui le souhaiteraient de pousser un peu plus loin nos sentiments sur ces thèmes. Les questions soulevées sont pertinentes et chacun(e) est ensuite libre de se rapprocher plus ou moins des pistes de réflexion offertes par ces intellectuels qui pour
une fois mérite pleinement ce nom (on est loin ici des philosophes peoples et autres donneurs de leçon). L'aspect pluridisciplinaire est particulièrement enrichissant, psychologie, philosophie et théologie se mêlent habilement et l'on prend un grand plaisir à lire cette collection Espaces libres chez Albin Michel.Tous ces ouvrages sont non seulement passionnants, riches de sens mais ils sont en plus disponibles pour des sommes modiques mettant ainsi la culture à portée de toutes et tous, chose qui me tient particulièrement à coeur.
Critiques DVD et Musique du Dude :
Ce mois-ci je tenais à vous parler de la sortie en DVD du live d'Étienne Daho à la salle Pleyel à Paris, enregistré en 2008 lors de la tournée qui a suivi la sortie du très réussi "L'invitation". Sobrement intitulé "Daho Pleyel Paris", ce DVD nous permet de retrouver un Daho très inspiré, on peut parler d'un best of live tant la set list est impressionnante et comblera les amateurs de cet artiste qui depuis plus de vingt ans est l'un des rares à pouvoir conjuguer richesse des mots, la beauté des mélodies et ces sonorités pop très anglo saxonne que l'on aime tant (un peu comme un Biolay). 33 titres couvrant l'ensemble de sa riche carrière, les classiques et puis les titres de son dernier LP dont les sublimes "L'adorer" et "Boulevard des capucines". Etienne Daho vieillit comme nous tous mais on peut dire que le poids des années n'a pas du tout émoussé son talent bien au contraire. Sobre, élégant et authentique comme la pochette de ce DvD, richesse des arrangements et cette voix discrète sans effet ni artifice. A noter aussi la présente de nombreuses guest stars dont Charlotte Gainsbourg et surtout Marianne Faithfull.
Ma note:**** /5.
ps: à noter aussi la sortie en double LP.
Depuis le temps qu'on l'attendait ce live in Reading 1992 de Nirvana, il aura donc fallu 17 longues années pour le voir enfin sortir en live officiel, double LP ou en DVD au choix ou plus sûrement les deux :) Courtney Love en femme d'affaire avisée a semble t'il déniché un énième filon pour soutirer de l'argent à cette poule aux oeufs d'or qu'est devenu, malgré lui, Kurt Cobain, idole de tout un peuple rock, leader d'un mouvement, le grunge, dont il aura incarné à la fois le zénith et sa fin crépusculaire dans les drogues et les suicides de toutes sortes. Au milieu de ce chaos seul Eddie Vedder et Pearl Jam ont aujourd'hui survécu... Kurt Cobain comète géniale au destin tragique, icône absolu du rock des 90. Sa disparition marqua aussi la fin de l'hégémonie us sur le rock et je pense que depuis Nirvana, pas un seul groupe américain n'a atteint ce niveau, c'est vers la perfide albion qu'il faut se tourner pour trouver ce qui fait encore l'essence du rock, la spontanéité et la sincérité. Ce live à Reading est resté dans toutes les mémoires, élu même par le NME concert rock ultime, on y voit et entend un Kobain dément, à l'image de son arrivée dans un fauteuil roulant... et puis ses titres que nous connaissons tous et toutes, véritable pater du rock indé, Nirvana et Kurt Cobain à jamais dans la légende ! On pourra toujours pester sur l'indécence de Love dans la gestion du patrimoine musical Kobain mais sur le plan artistique il est indéniable que nous sommes là face à "The fucking Live !" avec 24 titres qui s'enchaînent magnifiquement. Même si il existait déjà depuis longtemps en version pirate ce Live in Reading 1992 de Nirvana est juste indispensable. Le cadeau de noël idéal pour faire découvrir à nos chères petites têtes blondes nourris aux daubes MTV style Tokio Hotel, que dans le rock il n'y a pas besoin de se grimer ou de porter des tatouages pour l'Etre. Nirvana c'est l'incarnation de cet esprit du rock dont Kurt Cobain était l'incarnation, il a rejoint depuis Jim Morrisson et autres Hendrix et à ce qu'on me dit ils foutent un drôle de bordel live in Paradise :) Ma Note:*****/5.
On termine notre tour d'horizon de l'actualité musicale avec la sortie du très attendue quatrième album de la sublime
Ma Note:**** /5.
The Dude.
Pour commémorer les 20 ans de leur album Doolittle, la bande à Fanck Black offre un EP live quatre titres tirés de leur récent concert à Paris. Pour se faire il vous suffit de vous inscrire sur la mailing liste du groupe et suivre les indications. Vous pourrez alors replonger dans Dancing the Manta Ray, Monkey Gone to Heaven, Crackity Jones et Gouge Away. Qui a dit que Pixies rimait avec pompe à fric ?
1982. Femmes je vous aime.
Une des plus belles chansons de l'univers (oui je sais, je suis marseillaise). Non mais plus sérieusement, avez-vous déjà réfléchi à ça: Julien Clerc [à qui les années 2000 vont quand même beaucoup mieux que les années 80] a quand même réussi à écrire un des plus beaux hommages aux femmes, en y casant: blessures, dures, difficiles, souffrance, impatience. C'est beau. Je salue l'exploit. Personnellement, je n'aurai pas été capable d'écrire un si bel hommage aux hommes, en y casant: blessures, durs, souffrance, égoisme, martiens;)
Merci Julien.
KASMs Spayed (Desire Records) Sortie 2009
Derrière cette pochette au goût kitch prononcé se cache la dernière sauvagerie rock de l’année. Elle renferme la musique rageuse du groupe londonien KASMs mené par la déjà charismatique Rachel Mary Callaghan. Une sorte de Nina Hagen, encore plus déjantée, qui ferait passer Beth Ditto pour une bonne sœur. Enregistré seulement en trois jours, Spayed est un condensé de punk gothic qu’ils qualifient eux-même de "shriekbeat". Dans une approche DIY, KASMs a essayé de retranscrire dans leur album le chaos et l’intensité de leur live. Cette énergie punk est capable de réveiller les oreilles les plus endormies. Là où les Yeah Yeah Yeahs et The Gossip se sont perdus dans un mainstream commercial, KASMs et Rory Bratwell (ex-Test Icicles), ont réussi à ne pas trahir un idéal punk rock en composant des morceaux trashy à souhait. Entre le boogie punk de Male Bounding, les guitares acérées de Taxidermy et le pogotant Bone You, difficile de ne pas résister à cette musique qui en a sous le pantalon. Ne perdez pas de temps pour vous procurer leur album, car si l’on en croit leur page myspace; ils sont déjà en train d’écrire et d’enregistrer leur second album.
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